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  L'ours des Pyrénées

  La légende de Jean de l'ours     

Une jeune fille très pauvre fut enlevée par un ours, il la tînt prisonnière dans sa caverne fermée par une grosse pierre, il la nourrit à sa faim de mets délicieux sans jamais lui faire de mal. Elle était mieux dans la grotte de l’ours que chez elle mais elle ne supportait plus la captivité.

L’ours l’avait emportée à la fin de l’été et au début de l’été suivant, la nuit de la Saint Jean, elle donna naissance à un enfant.  Il était couvert de poils et elle l’appela Jean de l ‘ours.

A un mois il était aussi grand qu’un enfant de deux ans, au bout d’un an il paraissait en avoir dix.
Quand il eut onze ans il réussit à déplacer la pierre qui obstruait l’entrée de la grotte.

Et ce fut d’abord le doux soleil qui les accueillit, ils goûtèrent à la douceur du chant des oiseaux, la fraîcheur des ruisseaux, l’herbe fraîche.

Quand ils arrivèrent au village ils entendirent les hurlements de l’ours qui les cherchait, Jean reconstruisit l’ancienne maison de sa mère détruite, toute la nuit l’ours tenta de récupérer Jean et sa mère mais la maison tint bon.

Les villageois avaient peur de Jean car il ne ressemblait à nul autre et il était sans père, il était plus fort que tous les hommes du village, il était maladroit et cassait tout ce qu’il touchait, on riait et on avait peur de lui.

C’est pourquoi il décida de partir du village, là où ses pas le guideraient. Il alla couper du bois et entasser des provisions pour que sa mère ne manque de rien et partit droit devant lui.
Il entendit le bruit d ‘un marteau sur une enclume et trouva cette musique plaisante, il demanda au forgeron à apprendre le métier.
Le forgeron accepta et lui dit : " il te faudra au moins trois ans pour forger correctement, je peux te nourrir et au bout de trois ans je te payerai tes outils".

Jean de l’ours accepta le marché. Il apprenait et travaillait si vite et si intelligemment que le forgeron n’en revenait pas. En un jour il faisait le travail que dix ouvriers n’auraient pu réaliser.
Il frappait si fort et avec tant d’entrain sur l’enclume que la maison du forgeron en tremblait et c’est pourquoi ce dernier lui demanda de partir avant que sa maison ne s’écroulât.

Jean ne voulait pas d’argent, il lui demanda une canne en fer, il fallut la refaire trois fois et utiliser tout le fer possible afin qu’elle soit assez solide pour Jean de l’ours.

Il reprit la route et rencontra un géant nommé vire-palet, qui lançait des meules de moulins pour passer le temps.
Ils  firent route ensemble et rencontrèrent un autre géant nommé tord-chêne, qui cueillait et lançait les arbres, ils  firent route tous les trois.
En route, ils rencontrèrent un autre géant nommé pousse-montagne, qui déplaçait les montagnes et ils firent route tous les quatre.

Ils connurent nombre d’aventures étonnantes et voici le récit de l’une d’entre elles:

Ils arrivèrent en un pays en deuil car la dernière fille du roi venait d’être donnée en offrande à un horrible monstre vivant dans un château.
Les quatre décidèrent d’aller voir de quoi il retournait et durent se battre contre un nain.
Jean de l’ours le terrassa à l’aide de sa canne en fer, le nain s’enfuit dans un puits profond et nauséabond et seul Jean eut le courage de le suivre.
Ses compères le descendirent par des cordes au fond du puits, il en atteignit le fond au bout de huit jours.

Au fond se dressait un château semblable à celui qu’il avait quitté à la surface, il y coulait une rivière où bouillonnait du plomb fondu, pas un bruit ne s’élevait de cet étrange paysage. Jean prit sa canne et en fit un pont pour traverser la rivière de plomb, il retrouva le nain du château et l’attrapa pour le jeter dans la rivière de plomb mais en fin de compte il l’épargna.
Un loup gardait la porte du château, Jean écrasa la tête de l’animal et en sortit une clé de fer, il entra dans le château et se trouva face à un énorme lion aux griffes acérées.
Jean écrasa le lion et de sa tête jaillit une clé en argent qui ouvrait les appartements, à ce moment une bête à six pattes et sept têtes l’empêcha d’aller plus loin.

Après une lutte acharnée d’où jean sortit vainqueur, de la dernière tête émergea une clé d’or qui ouvrait la première chambre, il récupéra les têtes de la bête et garda les langues avec lui.
Il entra dans la chambre, il y trouva un chat orné d’une émeraude en son front, une jeune fille dormait dans le lit, Jean comprit  et fracassa l’émeraude d’un seul coup de canne.
A ce moment là la vie revint, on entendit à nouveau le chant des oiseaux et le bruissement du vent, la jeune fille se réveilla et révéla l’endroit où ses 6 sœurs étaient enfermées pour qu’il les libère.

Ils revinrent au panier afin de remonter à la surface, Jean fit remonter les princesses puis les têtes du dragon et attendit qu’on le remonte à son tour, il attendit longtemps avant de conclure que ses compagnons l’avaient abandonné au fond du puits.
Tout à coup il vit une vieille femme qui lui souriait et lui dit : " je vais vous aider à fuir car vous avez épargné mon fils le nain.
Prenez toute la viande que vous pourrez, j’en aurais besoin pour le voyage ".
Jean la vit se transformer en aigle, il prit les dépouilles du loup, du lion et du dragon et monta sur le dos de l’aigle qui s’envola aussitôt.

Le voyage était long, bientôt l’aigle commanda " carne, carne ! ".
Avant la fin du voyage, Jean vint à manquer de viande et l’aigle réclamait " carne, carne ! "
Alors jean se trancha la jambe et la lui donna, l’aigle eut juste assez de force pour arriver en haut du puits, l’aigle recracha la jambe de jean qui se réajusta par enchantement.

En ville, une fête battait son plein, célébrant la noce des princesses et des trois géants arborant les têtes du dragon.
Jean s’approcha des géants sans se faire reconnaître et leur demanda où étaient les langues du dragon, ces derniers répondirent qu’ils n’en avaient pas, l’assistance comprit qu’ils mentaient lorsque Jean sortit les sept langues de sa poche.
Jean laissa la vie sauve aux usurpateurs et épousa la plus jeune des sœurs pour qui son cœur battait.
Les festivités étaient prévues pour trois mariages, il n’y en eut qu’un seul aussi fut-il magnifique, et, comme il se doit, Jean de l’ours, l’homme ours si puissant et si malin, et la princesse vécurent heureux. (et eurent beaucoup d’enfants poilus ?).

Ce conte était très populaire avant le déclin de la tradition orale, et on le retrouve tout le long de la chaîne pyrénéenne ainsi qu'en Provence avec quelques variantes. Le fait qu’il n’ait pas été recueilli par Grimm ou Perrault l’a fait tomber en désuétude.
 

 
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