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Carte des régions |
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La
lettre mensuelle d'Origine Pyrénées :
actus, animations, promos…  |
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Origine
mystérieuse |
11/2002 |
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Parias parmi les parias,
les Cagots peuvent être comparés aux intouchables
indiens.
Ils furent présents dans toute l'Europe au moyen âge
; en Bretagne, dans le Bas-Poitou, en Guyenne, en Gascogne,
dans le pays basque, en Navarre et surtout en Béarn.
Les montagnes des Pyrénées, pourtant terres
de refuge, où les ségrégations eurent
peu de prises, terre des Cathares, furent néanmoins
le lieu où le phénomène des Cagots fût
le plus appuyé.
Leur origine reste mystérieuse, plusieurs thèses
sont évoquées, allant de wisigoths battus par
Clovis à Poitiers, aux Sarazins, juifs, cathares, lépreux
Il
est cependant probable qu'ils soient les descendants d'un
peuple vaincu par les armes.
Le nom même de " cagot " est d'origine incertaine,
il peut venir de " cangoth ": les chiens de Ghoth.
On retrouve aussi les termes de Gézitain, Chrestians,
Gahets, Capots, Agots
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Race maudite à vie, leur condition était
mentionnée dès la naissance dans l'acte de
baptême, célébré à la
nuit tombée, sans carillons. Ils ne portaient pas
de nom mais un prénom suivi du terme Chrestiaa, Cagot,
Gézitain. Une fois morts ils étaient inhumés
à l'écart des " vrais chrétiens
".
Parmi la longue liste des interdits on peut citer : le mariage
avec des non cagots, l'exercice de certains métiers
en rapport avec l'eau, la terre, le feu, les aliments, porter
une arme ou un objet tranchant
À l'origine des
ces interdictions on retrouvait la peur de la lèpre
dont les cagots étaient tous censés êtres
infectés.
Malgré ces interdictions draconiennes, ils peuvent
occuper des postes de chirurgiens ou sages-femmes et on
leur prête des vertus de guérisseurs. La plupart
sont charpentiers, vanniers, tisserands, maçons,
parfois réputés et appréciés
pour leur travail, d'autant que, généralement,
ils ne reçoivent pas de salaire et sont seulement
exonérés d'impôt.
Dans certains endroit ils devaient porter une patte de canard
ou d'oie d'étoffe rouge cousue sur leurs vêtements.
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Exemplaire contemporain
d'un bénitier de Cagots
en l'église de Saint Savin
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Ils sont parqués au fond de l'église lors
de l'office, ils ont un bénitier distinct, parfois
même ils ont une porte spéciale, plus petite,
les obligeant à se courber pour entrer.
Ils vivent dans des quartiers spéciaux, souvent en
lieu et place d'anciennes léproseries, vont chercher
l'eau à des fontaines spéciales.
Malheur à celui qui oublierait sa condition et ses
contraintes : en 1741, un cagot maître charpentier
de Moumour eut les pieds percés au fer rouge pour
avoir voulu cultiver la terre.
Malgré cette disgrâce, ils dépendent
directement de l'église et non de la commune (jurat)
ou des vicomtes.
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Bien que considérés plus comme des bêtes
que comme des hommes, ils n'en manquaient pas moins d'esprit
comme en atteste cette chanson :
Encoère que Cagots siam
Encore que nous soyons Cagots,
Nou nous en dam !
nous ne nous en faisons pas !
Touts em hilho deu pay Adam !
Nous sommes tous fils du père Adam !
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En tant qu'êtres
maléfiques et nuisibles, on les affuble de toutes sortes
de tares ; bien entendu ils dégagent une haleine fétide,
ils auraient même les pieds palmés ou les oreilles
dépourvues de lobes, ce fait sert aujourd'hui à
certains illuminés à affirmer qu'il s'agissait
en fait d'extra terrestres!
Plus sérieusement aucun signe particulier ne les distinguait
vraiment. Plusieurs témoignages les décrivent
blonds aux yeux bleus, ce qui accrédite la thèse
d'origines nordiques. Des médecins experts nommés
par le parlement de Bordeaux avaient d'ailleurs déclaré
que les Cagots étaient tout à fait indemnes
de toute atteinte pathologique.
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Intégration
et disparition |
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Avec
le relâchement de la ségrégation, le sang
des Cagots s'est étendu dans la population et beaucoup
de béarnais en sont les descendants. Sous Louis XIV,
l'emploi de termes discriminatoires à leur égard
fut interdit, ce qui n'empêcha pas leur usage détourné.
La dernière inhumation mentionnée dans le cimetière
des Chrestians date de 1692. Par la suite le terme de Cagot
perdura pour désigner bohémien, faux dévot,
hypocrite, jusqu'à Molière qui l'employa au
XVIIe siècle dans " Tartuffe "
Aujourd'hui, bien qu'appartenant au passé, le souvenir
peu glorieux des Cagots est présent dans le Béarn,
et ce n'est que depuis peu que les Béarnais se penchent
sur cet épisode de leur histoire à travers une
exposition permanente au château des Nestes à
Arreau. |
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733
: Des fugitifs de l'armée du général
arabe Abderrahman vaincus à Poitiers, sont réduits
par les Campons entre le fleuve Adour et le Prieuré
Saint-Paul. Les survivants ont, peut-être, constitué
la première colonie des " Cagots ".
1288 : première mention du terme de Cagot.
1580 : Les Cagots, avec l'accord des Consuls et du
Recteur, construisent eux-mêmes leur propre chapelle
dédiée à Saint Sébastien dans
la vallée de campan.
1691 : Violent incendie dans la vallée de Campan.
L'église est détruite et sera remise en état,
comme en 1597, par les Cagots.
1642 : dernier acte de baptême faisiant état
du terme de Cagot.
1692 : dernière inhumation mentionnée
dans un cimetière des Chrestians
2002 : première exposition permanente sur les
Cagots au château des Nestes à Arreau (64)
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